Charges difficiles, chargement et déchargement
- Liquides en citerne : le liquide bouge au freinage et en virage ; tu freines et tu tournes en douceur, surtout avec une citerne partiellement remplie.
- Charges suspendues (carcasses, vêtements sur cintres) : elles se balancent et élèvent le centre de gravité ; virages et ronds-points lentement.
- Vrac de céréales, paille ou fourrage : recouvert d’une bâche ou d’un filet, sauf dans un rayon de 25 km hors autoroute (avec des règles propres à la Wallonie).
- Charger : le centre de gravité le plus bas et le plus centré possible, sans dépasser les charges par essieu.
- Matériel de chargement (hayon, grue, chariot) : à utiliser selon sa notice, camion freiné et stabilisé, personne sous la charge.
Ta citerne n’est remplie qu’à moitié. Pourquoi est-elle plus délicate à conduire qu’une citerne pleine ?
Toutes les charges ne se comportent pas comme des palettes bien sanglées. Un liquide qui bouge, une carcasse qui se balance, du vrac qui s’envole : certaines marchandises changent la façon dont le camion freine, tourne et tient la route. L’examen du permis C demande de connaître ces difficultés et les précautions de chargement et de déchargement.
Les liquides en citerne
Dans une citerne, le liquide continue de bouger quand le camion freine, accélère ou tourne : il pousse le camion dans le sens du mouvement, puis revient. Ce mouvement est le plus fort quand la citerne est partiellement remplie, parce que le liquide a de la place pour se déplacer. Des cloisons intérieures (brise-lames) le limitent.
Au volant, tu anticipes : freinages progressifs, virages et ronds-points à allure réduite, pas de coup de volant. Après un arrêt, attends que le liquide se stabilise avant de repartir franchement.
Le moment le plus délicat est le virage. Le liquide part vers l’extérieur de la courbe et, comme son poids est placé haut, il augmente le risque de renversement. Tu ralentis avant d’entrer dans la courbe ou sur le rond-point, jamais en plein milieu, et tu réaccélères doucement à la sortie.
Quelle citerne est la plus délicate à conduire ?
Les charges suspendues
Certaines marchandises voyagent suspendues : carcasses de viande sur des rails, vêtements sur des cintres. Elles se balancent dans les virages et au freinage, et leur masse est placée haut : le centre de gravité du camion monte, et le risque de renversement augmente. Tu ralentis avant les virages et les ronds-points, et tu évites les changements de direction brusques.
Un dos d’âne ou un nid-de-poule met la charge en balancement, et elle ne s’arrête pas aussitôt. Après un arrêt, tu repars en douceur : une charge qui balance continue de bouger quand le camion est déjà immobile.
Tu transportes des carcasses suspendues et tu approches d’un rond-point. Que fais-tu ?
Le vrac et les autres charges
Une charge de céréales, lin, paille, fourrage (ou aliments du bétail, en Wallonie), en vrac ou en balles, doit être recouverte d’une bâche ou d’un filet. Cette obligation ne s’applique pas dans un rayon de 25 km du lieu de chargement, sauf sur autoroute (en Wallonie, elle ne s’applique pas non plus aux chargements qui ne dégagent ni poussière ni particules sous l’effet du vent). En Wallonie, un autre texte (l’arrêté du 13 avril 2023 sur le contrôle technique routier) demande aussi de couvrir le vrac susceptible de produire de la poussière ou des résidus sur la route, sans parler de distance : dans le doute, couvre. Plus généralement, aucun chargement ne peut traîner ni tomber sur la route.
Une bâche ou un filet ne protège que s’il est bien posé. Les accessoires qui fixent ou protègent le chargement doivent être en bon état et bien utilisés, et tout ce qui entoure le chargement (chaîne, bâche, filet) doit le faire étroitement. Une bâche qui claque gêne le conducteur et peut effrayer les animaux : le code demande de limiter ce bruit.
Les animaux vivants se déplacent dans la caisse et déplacent le centre de gravité ; les charges longues oscillent et doivent être arrimées pour ne pas dépasser sur les côtés. Ces règles d’arrimage sont détaillées dans la leçon « Répartir et arrimer la charge ».
Charger et décharger
- Place la charge pour garder le centre de gravité le plus bas et le plus centré possible : lourd en bas, léger au-dessus.
- Respecte les charges par essieu : en déchargeant par étapes, une livraison peut en surcharger un.
- Le camion est immobilisé et freiné pendant le chargement ; sur un quai, il ne peut pas avancer.
- Le hayon élévateur, la grue auxiliaire ou le chariot élévateur s’utilisent selon leur notice, dans leur charge maximale ; une grue se met sur ses stabilisateurs, et personne ne se tient sous une charge levée.
- Si tu utilises le hayon sur la voie publique, signale ses angles extérieurs (bandes rouges et blanches, cônes ou feux jaune-orange clignotants) ; la zone d’un chariot élévateur se signale par des cônes ou des feux jaune-orange clignotants. Ces moyens peuvent s’employer ensemble et doivent rester visibles en toutes circonstances ; les cônes font au moins 40 cm de haut.
- Avant de repartir, un contrôle visuel : grue repliée, hayon relevé et fixé, portes arrière, bâches et roue de secours bien fixées, hauteur du camion vérifiée. Si une porte doit exceptionnellement rester ouverte, elle est fixée pour ne pas dépasser le contour du camion.
Le poids total peut être respecté alors qu’un essieu est surchargé : une charge mal répartie dégrade le freinage et la tenue de route et abîme les pneus. Le chargeur répartit la charge sur le plancher ; toi, tu t’assures que le chargement ne te gêne pas pour conduire et que son centre de gravité est, autant que possible, centré sur le camion.
Une grue a une limite qui change : plus la charge est loin du camion, moins elle peut en lever. Le tableau de charges de la notice donne les limites, et tu ne les dépasses pas.
Tu utilises le hayon élévateur sur la route. Comment signales-tu ses angles extérieurs ?
Liquides, charges suspendues, vrac, chargement et déchargement : tu sais adapter ta conduite et tes gestes à la marchandise. Le sprint de révision ci-dessous te le remet en cartes, puis le quiz d’entraînement vérifie que c’est acquis.